Le Poiscaille : « Communiste » est parfois perçu comme un gros mot. C’est dur à revendiquer ?
R.H. : Je pense que ça l’était, mais c’est en train de changer. Le courant dominant n’est pas favorable à l’opposition gauche de gauche. À nous de reconstruire tout un discours et c’est ce qui est intéressant dans l’approche de Mélenchon. Il y a un besoin d’aller réfléchir au-delà du capitalisme et la reprise en main de grands pans de l’économie par le pouvoir public reste une alternative tout à fait crédible. On arrive à faire passer un discours différent et c’est à nous d’y mettre la couleur. Un vent nouveau souffle au sein du PTB pour en faire un parti d’avenir du socialisme 2.0.
Le Poiscaille : La popularité de Jean-Luc Mélenchon, ça vous profite ?
R.H. : Indiscutablement, ça a aidé. Mais ce n’est pas le seul critère. Ça ouvre un champ de réflexion et ça aide à faire passer des idées considérées comme inacceptables avant. Dans un pays comme la France, le côté décomplexé de Mélenchon pour porter ses idées, ça nous a fait beaucoup de bien. Ceci dit, il faut se garder d’un copier-coller entre la Belgique et la France. Les situations ne sont pas les mêmes.
Le Poiscaille : Qu’est-ce que le PTB entreprend comme actions concrètes pour retrouver l’intérêt des citoyens pour la chose politique ?
R.H. : On descend dans les quartiers pour deux choses : (1) on ne fait pas de la politique pour vous, on la fait avec vous, et (2) pour faire de l’éducation permanente. En gauche de gauche, il faut garder l’axe fort des groupes de travail. Ceci dit, pour ramener les gens au fait politique, c’est plus difficile, mais on tente de le faire. Ici au quartier Sainte-Marguerite, on a fait une manifestation à 200 personnes pour garder le bureau de poste. 200 personnes, c’est beaucoup. Je suis biologiste de formation et j’ai l’habitude de dire qu’un cerveau fonctionne mieux quand il est à l’air libre que quand il est dans un fauteuil.
Le Poiscaille : Peut-on qualifier le PTB de populiste au vu de la brièveté du programme sur votre site Internet ?
R.H. : On va publier tout notre programme dès les vacances d’été. On est allés sur le terrain et on a récolté 1 300 enquêtes papier. Les partis traditionnels ne le font pas, ils se contentent d’une mailing-list dans laquelle ils demandent aux gens de cliquer. Sur base de la richesse de nos sondages, on arrivera avec un programme très bien ficelé. Je refuse l’étiquette de populiste. Je préfère plutôt un parti populaire, à contre-courant sur le racisme, sur l’éducation, et qui provoque le débat.
Le Poiscaille : Vous parliez des médias dominants, que pensez-vous de l’écho de vos idées dans ces canaux ?
R.H. : Il y a une valorisation du travail que nous menons. Il y a médiatisation lorsque nous avons fait un travail de fond sur un dossier en particulier. Sur la question de l’index, on a décortiqué 8 000 chiffres durant deux semaines pour démontrer que les chipotages de l’index ces 30 dernières années ont coûté 450 € bruts par mois à chaque travailleur. C’était irréfutable et ce n’est pas uniquement un slogan. Même chose pour les 50 grandes multinationales qui paient moins de 3 % d'impôts des sociétés. La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) n’a jamais pu réfuter.
R.H. : Je pense que ça l’était, mais c’est en train de changer. Le courant dominant n’est pas favorable à l’opposition gauche de gauche. À nous de reconstruire tout un discours et c’est ce qui est intéressant dans l’approche de Mélenchon. Il y a un besoin d’aller réfléchir au-delà du capitalisme et la reprise en main de grands pans de l’économie par le pouvoir public reste une alternative tout à fait crédible. On arrive à faire passer un discours différent et c’est à nous d’y mettre la couleur. Un vent nouveau souffle au sein du PTB pour en faire un parti d’avenir du socialisme 2.0.
Le Poiscaille : La popularité de Jean-Luc Mélenchon, ça vous profite ?
R.H. : Indiscutablement, ça a aidé. Mais ce n’est pas le seul critère. Ça ouvre un champ de réflexion et ça aide à faire passer des idées considérées comme inacceptables avant. Dans un pays comme la France, le côté décomplexé de Mélenchon pour porter ses idées, ça nous a fait beaucoup de bien. Ceci dit, il faut se garder d’un copier-coller entre la Belgique et la France. Les situations ne sont pas les mêmes.
Le Poiscaille : Qu’est-ce que le PTB entreprend comme actions concrètes pour retrouver l’intérêt des citoyens pour la chose politique ?
R.H. : On descend dans les quartiers pour deux choses : (1) on ne fait pas de la politique pour vous, on la fait avec vous, et (2) pour faire de l’éducation permanente. En gauche de gauche, il faut garder l’axe fort des groupes de travail. Ceci dit, pour ramener les gens au fait politique, c’est plus difficile, mais on tente de le faire. Ici au quartier Sainte-Marguerite, on a fait une manifestation à 200 personnes pour garder le bureau de poste. 200 personnes, c’est beaucoup. Je suis biologiste de formation et j’ai l’habitude de dire qu’un cerveau fonctionne mieux quand il est à l’air libre que quand il est dans un fauteuil.
Le Poiscaille : Peut-on qualifier le PTB de populiste au vu de la brièveté du programme sur votre site Internet ?
R.H. : On va publier tout notre programme dès les vacances d’été. On est allés sur le terrain et on a récolté 1 300 enquêtes papier. Les partis traditionnels ne le font pas, ils se contentent d’une mailing-list dans laquelle ils demandent aux gens de cliquer. Sur base de la richesse de nos sondages, on arrivera avec un programme très bien ficelé. Je refuse l’étiquette de populiste. Je préfère plutôt un parti populaire, à contre-courant sur le racisme, sur l’éducation, et qui provoque le débat.
Le Poiscaille : Vous parliez des médias dominants, que pensez-vous de l’écho de vos idées dans ces canaux ?
R.H. : Il y a une valorisation du travail que nous menons. Il y a médiatisation lorsque nous avons fait un travail de fond sur un dossier en particulier. Sur la question de l’index, on a décortiqué 8 000 chiffres durant deux semaines pour démontrer que les chipotages de l’index ces 30 dernières années ont coûté 450 € bruts par mois à chaque travailleur. C’était irréfutable et ce n’est pas uniquement un slogan. Même chose pour les 50 grandes multinationales qui paient moins de 3 % d'impôts des sociétés. La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) n’a jamais pu réfuter.
Entretien : Pierre-Yves Hurel & Sébastien Varveris | Dessin : Oli
Retrouvez également Raoul Hedebouw en page 4 du Poiscaille n° 21.
